
29 novembre Dès les premières lueurs du jour les hommes se mettent au travail pour désensabler les voitures ce qu’ils arrivent à faire rapidement. Après une quinzaine de km dans le sable et des lits de rivières asséchés, nous atteignons le petit village d’Ahmed Ela, celui où nous aurions dû passer la nuit. On en profite pour se laver dans une petite case prévue à cet effet avec un seau. C’est fou ce que sa passe bien après 3 jours de poussière, sable, chaleur, marche, etc... Un Coca bien frais procure aussi un grand plaisir après quelques jours où l’on ne buvait que de l’eau minérale chauffée par le soleil... On se repose à l’ombre aux heures les plus chaudes avant de partir pour le lac Assale (ou lac Karoum) tout proche. En route, nous apercevons d’interminables caravanes de dromadaires qui transportent le sel extrait du lac. Ces hommes parcourent sans cesse les 80 km qui séparent le lac du marché de Mekele où le sel sera vendu. Le lac Assale est en fait une immense plaine remplie de sel. On pourrait se croire, la chaleur en plus, au pôle Nord en train de rouler sur la banquise. Sur ce lac se trouvent également 2 sources étranges provenant des profondeurs de la Terre. Retour à Ahmed Ela pour la nuit. ![]() 30 novembre Direction Dallol, un volcan extraordinaire et l’endroit le plus bas du Danakil (-120m) et le plus chaud sur Terre. On y a enregistré une température moyenne de 34°C en 1960 et 1966. Pour cela, nous devons traverser en totalité le lac Assale, d’abord sur le sel puis sur une dizaine de cm d’eau. Une fois arrivée, 4 militaires vont s’assurer que l’endroit est « sûr », des enlèvements ayant déjà eu lieu ici. L’endroit est superbe, les couleurs vives. On y trouve des lacs acides aux formes surprenantes. Partout le relief est acéré, coupant. La moindre chute pourrait provoquer des blessures profondes. Heureusement, le vent nous permet de supporter facilement cet enfer... Il est temps de quitter cette étrange planète et de retourner aux véhicules. Lors de la traversée du lac, notre moteur s’arrête brusquement. Le pontage habituel de la batterie ne changera rien, il faut se résigner au remorquage. La traversée de ce lac salé est très nocif pour la voiture et le moteur est complètement gorgé de sel. Retour au village et repose le reste de la journée. En fin d’après-midi, on observe d’impressionnantes caravanes traverser le village et de faire connaissances avec quelques habitants. ![]() 1e décembre Dernier jour dans la dépression du Danakil. Nous allons observer les forçats du sel taillants des blocs dans le lac Assale avant de les charger sur des dromadaires. Le sel est la seule richesse de ce peuple et un bloc de 3-5 kg se négociera 12 à 15 birrs au marché. On reprend ensuite la route pour notre prochaine étape, Berahle. La route scabreuse ne cesse de monter et traverse des paysages étonnants. Il faut parfois s’arrêter pour laisser refroidir les moteurs. Dernière nuit sous tente dans ce charmant village où l’on retrouve nos amis les dromadaires. Il fait déjà beaucoup plus frais en raison de l’altitude. ![]() 2 décembre Le café est une boisson sacrée en Éthiopie dont la préparation fait l’objet d’un véritable rituel connu sous le nom de « cérémonie du café ». Nous avons le privilège d’y assister dans une famille éthiopienne. Tout d’abord, une femme grille les grains de café verts sur un brasero dans une petite casserole à long manche. Une fois la torréfaction terminée, elle passe auprès de chaque invité afin de lui faire sentir le parfum du café. Ensuite, le café est pilé dans un mortier à l’aide d’un pilon (petit bâton en bois ou en métal). Le café ainsi moulu est versé dans la cafetière et le tout est chauffé sur le foyer jusqu’à ébullition. Ensuite, le café peut être servi aux convives. Dans la plus pure tradition, les femmes brûlent de l’encens pendant toute la cérémonie. Nous reprenons ensuite la route pour Mekele, la capitale de la région du Tigré. La route monte sans discontinuer avant d’atteindre les hauts plateaux à plus de 2000m d’altitude. C’est dans cette ville que s’achève notre expédition dans le désert du Danakil et nous disons au revoir à toute l’équipe. ![]() Conclusion Ce voyage fut en tout point exceptionnel. La nuit passée seul au bord du bouillonnant Erta Ale ou le magnifique site de Dallol marquent les esprits à jamais. L'absence d'infrastructure touristique et la chaleur rendent le voyage parfois difficile et il vaut mieux en être conscient avant le départ. Nous espérons que ce carnet vous sera utile et merci pour l'intérêt que vous y avez apporté ! N'oubliez pas de laisser un message dans le livre d'or ! Nous vous invitons également à suivre le reste de nos aventures en Ethiopie dans le carnet de voyage La route historique du Nord. Pascal et Mariella Agrandir la carte |
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